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8 August 2009

Prendre la vague

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Plus le soleil disparaît, plus lambiance sinstalle sur la Place Jamaa El Fna de Marrakech. Et comme en juillet le jour se couche autour de 21h, mieux vaut avoir fait la sieste en apres-midi pour profiter pleinement des nuits qui se prolongent. Nous ne pouvons dailleurs pas resister a lenvie de se reposer le jour quand la temperature grimpe a 50C !

 

Apres avoir trainés dans les labyrinthes de souk ou se bousculent vendeurs de fruits seches, de bijoux, de tagines et jen passe, larret au kiosques de jus dorange frais est incontournable. Dix kiosques identiques qui offrent les memes jus au meme prix se voisinent dans une féroce compétition. Bien entendu, le vendeur qui gueule le plus fort sattire le plus de clients. Comme un shot despresso, nous imitons les Marocains qui avalent dun gout leur nectar vitaminé. Mmmm… Trois petits dirhams – 50 sous – pour du bonheur instantané.

 

Rassasiés, nous avancons dans la cohue des charmeurs de serpents, musiciens gnaouas, cartomancieres, artistes du henné et docteurs magiques qui ont adopté pour la nuit un maigre espace sur la populaire place. « Hello ! How are you ! Come, come ! » Caméra a la main, nous sommes des proies faciles a cerner pour les rabatteurs.

 

Parenthese : depuis notre arrivée les gens ont deux réactions devant notre accent: soit ils nous parlent en anglais en nous félicitant de nos efforts a parler francais, soit ils nous lancent « Aaaaah Canadiens ! Québécois ! Bienvenue !» Disons que la premiere situation nous insulte un tantinet mais bon… Fin de la parenthese.

 

La Place Jamaa El Fna se prend comme une vague de sons et dodeurs dans laquelle nous plongeons tete premiere en tachant de ne pas nous y noyer. Facile se faire extirper des dirhams pour tout et pour rien.  Un regard sur les belles dattes fraiches suffisent pour que je me retrouve avec un sac rempli des delicieux fruits a la main. « Non, vraiment, merci … Je nen veux pas… Et puis, peut etre un peu au fond. »  Zut, les vendeurs lisent carrément dans mes yeux…

 

La fumée de cuisson enveloppe le plafond céleste ébloui par le fort éclairage des kiosques de nourriture. Nous avancons vers ceux-ci comme guider par les effluves. La faim nous guette et les rabatteurs aussi ! Malgré les nombreux kiosques et leur homogénéité évidente, nous optons pour le kiosques 114, un peu par hasard et un peu parce que nous avons réussi a négocier un thé gratuit avec notre repas.

 

Pain, sauce piquante et olives multicolores aux parfums de cumin et de persil apparaissent devant nous. A notre droite, des jeunes hommes sactivent a trouver dautres clienteles pour remplir leur kiosque et a gauche, les cuisiniers garnissent des assiettes de couscous, de legumes, de volaille et de bœuf. « Un peu de tout sil vous plait ! » Affamés, nous faisons disparaître le contenu des petites delices qui sont disposés devant nous. Nous quittons repus, en direction du riad Noor Charana qui nous heberge gentiment pour la nuit. Un paradis de tranquilité au cœur de la medina agitée de Marrakech ou nous sommes recus comme le Roi Mohammed VI ! A notre arrivee, Moha qui note notre fatigue, nous prepare un peu de the a la menthe, discute avec nous de sa culture berbere, de ses montagnes, de sa famille. Puis, au dodo. Demain nous quittons pour le Haut-Atlas.

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À propos de ce blogue

Sur les traces des Berbères

Ugo Monticone (écrivain) et Julie Corbeil (réalisatrice) se lancent sur les traces des Berbères au Maroc.

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