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22/07/2009

Atchoum... Votre passeport monsieur!

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16 heures de transport. Daéroport en aéroport, le mot dordre est attente. Même lorsque lon sy rend a la derniere minute, on finit toujours par attendre.

Mais le parcours en vaut toujours la peine. On se prend même a aimer attendre, car on sen trouve généralement récompensé.

Lorsque lavion se pose sur Marrakech, on remarque que la lumiere du ciel na rien de celle de chez nous. Sans avoir mis le pied dehors, on sait quune chaleur accablante alourdit lair. Le bleu du ciel est délavé et le rose des édifices saniment a travers les particules dhumidité. Puis, on se retrouve sur la piste et comme des petites patates bouillies, nous nous alignons devant la porte dentrée de laéroport Mohammed V.

Lattente une fois de plus se charge de retarder notre mise en liberté. " Vous etes Canadiens? demande un garde securité en regardant nos passeports (avec de la peur dans les yeux, je vous assure) Allez voir lhomme la-bas!

Lhomme en question vérifie nos passeports. "Dans votre pays, la grippe aviaire est tres dangereuse ( euh... si tu le dis bonhomme, me dis-je interieurement) Chez nous, il ny a eu que des cas qui venaient de lextérieur... du Canada par exemple."

La gorge commence a me picoter. Jai une envie folle de tousser...La nervosité.

Il leve les yeux sur nous, lair suspicieux, comme si avec son regard il pouvait detecter un virus. Puis, il nous sourit.

" Cest bon. Vous pouvez aller prendre la file du controle de securité"

Mmmm. Une file. Pas pour tout de suite la liberté! 30 minutes sécoulent avant quune femme ne tatonne distraitement notre passeport puis ne nous laisse enfin le privilege de rentrer dans son pays.

A nous les couscous, les tagines et le thé a la menthe! A nous les odeurs depices et de rose, a nous les sourires de gens qui vivent le soleil 360 jours par année! A nous le bonheur!

Dans un film, jaurais couru au ralenti vers lextérieur et me serait agenouillée au pied dun palmier en éclatant en sanglot : " Alhamdulillah! Merci mon Dieu!"

Mais dans la réalité, nous  nous retirons des dirhams du guichets automatiques puis nous prenons le bus direction Place Jamaa El Fna.

Cest pas glamour, mais cest le dénouement logique.

Prochain rendez-vous : Marrakech et le Haut-Atlas.

 

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05/08/2009

Effleurer le Haut-Atlas

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«Personne ne devrait voyager au Maroc sans séjourner une bonne semaine au cœur des montagnes du Haut-Atlas.» C’est ce que je ne cessais de répéter lorsque je suis revenue de mon premier passage au Maroc en 2004.

«Pourquoi ne pas répéter le bonheur lorsqu’il se représente?» me suis-je donc dit cette année à notre arrivée à Marrakech.

8 heures du matin. Le soleil est déjà cuisant Place Jamaa El Fna. Devant le bureau de poste, notre point de rencontre, nous attendent notre guide et une famille avec lesquels nous partirons deux semaines avec nos pieds comme seul moyen de transport… ou presque! Nous devons tout de même nous rendre au point de départ de la marche en camionnette. Là-bas, nous ferons la connaissance de nos muletiers et notre cuisinier.

Quand on nous a dit avant le départ qu’une famille nous accompagnait, nous étions un peu nerveux. Tous les scénarios nous ont traversé l’esprit. Et souvent, les pires scénarios.  Nous avions presque oublié que tout pourrait se dérouler à merveille. Et c’est ce qui se produit. Le clan Sulmont est donc cette famille modèle, sportive, en parfaite harmonie, cultivée et ouverte qui nous inspira respect et confiance immédiatement.

Notre guide, Ali, est un Marocain aux origines berbères qui connaît tout sur tout mais qui respire l’humilité. Avec ses vêtements occidentaux et ses nombreux voyages en France, on s’amuse bientôt à dire qu’il est le plus Français des Marocains.

La première semaine de trek s’amorce donc dans les splendeurs des montagnes semi-désertiques du Haut-Atlas où la végétation nous rappelle la toundra et où les habitants autochtones vivent dans des villages suspendus sur les toits du monde. Ceux qu’on appelle souvent «berbères», mais dont le nom plus approprié est Imazighen (hommes libres) se déplacent au fil des saisons. En été, lorsque la neige a disparu des sommets, ils viennent reprendre possession de leurs maisons en pisé. On les dit nomades-sédentaires.

De notre côté, nous avons adopté le nomadisme pour quelques jours. Je m’amuse à dire que nous faisons du camping cinq étoiles. Des muletiers s’occupent du transport de nos bagages et un cuisinier nous concocte des plats comme le tajine de poulet, le couscous aux légumes, les salades marocaines et les soupes de lentilles. Toute cette gastronomie est préparée sous la tente-cuisine avec des instruments élémentaires. À chaque repas, nous applaudissons le chef. Le soir nous dormons en bivouac au cœur de la nature. Le jour, nos «promenades» quotidiennes de quatre à six heures s’allient difficilement aux températures caniculaires qui frôlent les 40 degrés Celsius. Un soleil africain à son zénith semble nous surveiller du matin au soir. Il est fidèle au rendez-vous, alors que les nuages, eux, se font plutôt discrets.

Si les habitants parcourent les sentiers par nécessité, nous marchons les mêmes chemins par goût d’exotisme. C’est un non-sens qui me gêne un peu lorsque notre groupe croise des enfants qui s’époumonent au champ pour aider leur famille. Nous traversons des villages comme des fantômes. En vitesse. Notre guide adresse toujours quelques mots dans sa langue à des habitants pour cueillir quelques informations sur la communauté qu’il nous traduit presque instantanément. C’est bien. Mais j’ai le sentiment d’effleurer une réalité sans parvenir à m’imprégner complètement de la culture.

Nous ne sommes pourtant pas un groupe de riches parvenus débarqués en sol étranger pour observer les étrangers comme des pièces de musées… Et pourtant, lorsque j’aperçois des gens au champ, je ne peux m’empêcher de diriger subtilement ma caméra dans leur direction pour capter un instant de leur vie. Je suis ici pour rapporter des images. C’est mon travail. Mais j’ai du mal à ne pas me sentir une voleuse d’âme. D’ailleurs, plusieurs enfants sont paniqués à la vue de nos appareils photo ou vidéo. Ils agitent le doigt : «Noooo!»

Pourtant, la tentation de soutirer des images de notre expérience nous poursuit. Il faut avouer qu’on s’imagine tous déjà dans le salon d’un ami à notre retour de voyage en train d’expliquer la «vraie vie» des autochtones du Maghreb avec photos à l’appui. Comme si l’existence de communauté se résumait en une image figée sans présent ni avenir. Comme si une petite semaine nous permettait d’émettre des opinions sur un groupe de gens sans sortir de nos paradigmes d’Occidentaux.

Je me rassure pourtant et me répète que j’ai au moins la chance d’être ici, maintenant et de pouvoir m’inspirer de ce qui m’entoure. Même si je ne rapporte pas dans mes souvenirs la vérité absolue sur une culture, j’ai une bonne idée de ce qui passe ailleurs dans les terres arides du Maroc où des gens vivent en pleine autonomie, loin de la société de consommation. Aussi, j’ai une chance unique de partager du temps avec un guide originaire de ces montagnes qui pose un regard critique sur sa société marocaine bousculée par les contradictions. J’ai aussi l’opportunité de partager de riches conversations autour d’un thé alors que le Maroc, la France et le Québec se retrouvent sous un même toit, celui d’une tente au milieu de nulle part avec comme seul trame de fond, les grillons et les chants berbères de nos muletiers. Et nous marchons et nous marchons encore. Jour après jour… après jour. Puis notre semaine s’achève. Demain, la côte atlantique nous attend pour une seconde semaine de trek.

Je n’ai pas changé d’avis : «Personne ne devrait voyager au Maroc sans passer par le Haut-Atlas.»

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07/08/2009

Sur la cote Atlantique du Maroc...

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08/08/2009

Prendre la vague

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Plus le soleil disparaît, plus lambiance sinstalle sur la Place Jamaa El Fna de Marrakech. Et comme en juillet le jour se couche autour de 21h, mieux vaut avoir fait la sieste en apres-midi pour profiter pleinement des nuits qui se prolongent. Nous ne pouvons dailleurs pas resister a lenvie de se reposer le jour quand la temperature grimpe a 50C !

 

Apres avoir trainés dans les labyrinthes de souk ou se bousculent vendeurs de fruits seches, de bijoux, de tagines et jen passe, larret au kiosques de jus dorange frais est incontournable. Dix kiosques identiques qui offrent les memes jus au meme prix se voisinent dans une féroce compétition. Bien entendu, le vendeur qui gueule le plus fort sattire le plus de clients. Comme un shot despresso, nous imitons les Marocains qui avalent dun gout leur nectar vitaminé. Mmmm… Trois petits dirhams – 50 sous – pour du bonheur instantané.

 

Rassasiés, nous avancons dans la cohue des charmeurs de serpents, musiciens gnaouas, cartomancieres, artistes du henné et docteurs magiques qui ont adopté pour la nuit un maigre espace sur la populaire place. « Hello ! How are you ! Come, come ! » Caméra a la main, nous sommes des proies faciles a cerner pour les rabatteurs.

 

Parenthese : depuis notre arrivée les gens ont deux réactions devant notre accent: soit ils nous parlent en anglais en nous félicitant de nos efforts a parler francais, soit ils nous lancent « Aaaaah Canadiens ! Québécois ! Bienvenue !» Disons que la premiere situation nous insulte un tantinet mais bon… Fin de la parenthese.

 

La Place Jamaa El Fna se prend comme une vague de sons et dodeurs dans laquelle nous plongeons tete premiere en tachant de ne pas nous y noyer. Facile se faire extirper des dirhams pour tout et pour rien.  Un regard sur les belles dattes fraiches suffisent pour que je me retrouve avec un sac rempli des delicieux fruits a la main. « Non, vraiment, merci … Je nen veux pas… Et puis, peut etre un peu au fond. »  Zut, les vendeurs lisent carrément dans mes yeux…

 

La fumée de cuisson enveloppe le plafond céleste ébloui par le fort éclairage des kiosques de nourriture. Nous avancons vers ceux-ci comme guider par les effluves. La faim nous guette et les rabatteurs aussi ! Malgré les nombreux kiosques et leur homogénéité évidente, nous optons pour le kiosques 114, un peu par hasard et un peu parce que nous avons réussi a négocier un thé gratuit avec notre repas.

 

Pain, sauce piquante et olives multicolores aux parfums de cumin et de persil apparaissent devant nous. A notre droite, des jeunes hommes sactivent a trouver dautres clienteles pour remplir leur kiosque et a gauche, les cuisiniers garnissent des assiettes de couscous, de legumes, de volaille et de bœuf. « Un peu de tout sil vous plait ! » Affamés, nous faisons disparaître le contenu des petites delices qui sont disposés devant nous. Nous quittons repus, en direction du riad Noor Charana qui nous heberge gentiment pour la nuit. Un paradis de tranquilité au cœur de la medina agitée de Marrakech ou nous sommes recus comme le Roi Mohammed VI ! A notre arrivee, Moha qui note notre fatigue, nous prepare un peu de the a la menthe, discute avec nous de sa culture berbere, de ses montagnes, de sa famille. Puis, au dodo. Demain nous quittons pour le Haut-Atlas.

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10/08/2009

Chefchaouen

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10/08/2009

Casablanca et sa mosquee

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10/08/2009

Meknes et vollubilis

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10/08/2009

Essaouira et la mer

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10/08/2009

Rabat, la capitale

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À propos de ce blogue

Sur les traces des Berbères

Ugo Monticone (écrivain) et Julie Corbeil (réalisatrice) se lancent sur les traces des Berbères au Maroc.

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